La naissance – la vie – la résurrection, selon The Tree of Life.
Si nous ne pouvons la faire pratiquer je m’arrangerai de manière que la chambre du fond sera inconnue, barricadée, impénétrable pour les étrangers. Je serai censée n'avoir que deux pièces, la troisième sera la chambre noire, la chambre mystérieuse, la cachette du revenant, la loge du monstre, la cage de l'animal savant, la niche du trésor, la caverne du vampire, que sais-je ? nous verrons. (George Sand, Correspondance, N°388, p.882.)
lundi 6 juin 2011
dimanche 5 juin 2011
Fragilité des souvenirs
Dans The Tree of Life de Malick, le monde de l'enfance nous est rendu par des entrechocs de fragments vus à hauteur de souvenirs, éclats incertains du passé. Dans Omohide Poroporo de Takahata, le dessin, contrastant avec les représentations du présent, se faisait volontiers esquisse incomplète, image parcellaire, dès lors que reviennent à Taeko les "souvenirs goutte à goutte" de son jeune âge. Deux moyens de figurer immédiatement à l'écran la délicate précarité de nos mémoires.
samedi 4 juin 2011
Ondée, ondine
Sous la pluie de printemps
une belle jeune fille
lâche un long bâillement
Issa Kobayashi (traduction de Roger Munier).
vendredi 3 juin 2011
Un soupçon d'actualité
C'est avec un plaisir à peine dissimulé que Thérèse apprit que les concombres espagnols étaient à nouveau réputés sans danger – et, pour tout dire, innocents.
lundi 30 mai 2011
Poème antique dans le poème barbare
Gentles, perchance you wonder at this show;
But wonder on, till truth make all things plain.
This man is Pyramus, if you would know;
This beauteous lady Thisby is certain.
A Midsummer Night’s Dream, V, 1.
La première rencontre de Sîtha et Harald Berger se fait par l'intermédiaire d'une fissure dans un mur, qui en rappelle un autre. Tel le héros s'infiltrant lui-même, plus tard, par d'autres fissures, celles des fondations du palais d'Eschnapour, pour rallier le temple interdit de la Déesse, on peut imaginer que s'infiltre ici le souvenir d'une autre légende qui n'a que peu à voir avec l'Inde. Comme les amants (orientaux) dont Ovide rédigea l'histoire (la léguant de facto à l'occident), la danseuse hindoue et l'architecte allemand pourraient presque s'exclamer, dès ce premier contact : "Mur jaloux, pourquoi fais-tu obstacle à ceux qui s'aiment ? pourquoi ne pas laisser nos corps entiers se joindre – ou du moins permettre un baiser ? Mais nous ne sommes pas ingrats : nous reconnaissons que nous te devons le passage offert à nos paroles jusqu'aux oreilles de l'être aimé." On pourrait, en tout cas, résumer le film de Fritz Lang comme la légende antique au même dispositif : deux amants se parlent au travers d'une fente dans un mur ; quand ils s'en éloignent, un fauve attaque.
samedi 28 mai 2011
La plus grande duperie
Je vais te raconter — la plus grande duperie
Je vais te raconter le brouillard qui saisit
Les jeunes arbres, les vieilles souches.
Je vais te raconter la clarté qui se couche
Dans les basses maisons, et aussi le tzigane
— Né d'Égyptes lointaines — qui sur sa flûte s'acharne.
Je vais te raconter — le plus grand des mensonges :
Je vais te raconter le couteau que l'on plonge
Serré dans le poing, — le vent des temps qui s'empare
Des bouches des jeunes — et de la barbe des vieillards.
Vacarme des siècles.
Sabots claquants sec.
(4 juin 1918)
Marina Tsvetaïeva (traduction par Henri Abril), Insomnie.
jeudi 26 mai 2011
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